Le marché mondial du pétrole reste sous forte tension. Lundi 2 novembre 2026, le patron d’ADNOC, Sultan Al Jaber, a affirmé que près d’un milliard de barils avaient déjà été puisés dans les stocks mondiaux depuis les perturbations du détroit d’Ormuz. Pour l’Afrique, cette situation pourrait rapidement se traduire par une hausse du carburant, du transport et des produits de première nécessité.
La crise énergétique mondiale prend une nouvelle dimension. À l’ouverture de la conférence ADIPEC, à Abou Dhabi, le directeur général de la compagnie pétrolière ADNOC a dressé un constat inquiétant. Selon lui, le monde a fortement entamé ses réserves de sécurité depuis le début des perturbations dans le détroit d’Ormuz.
Sultan Al Jaber affirme que près d’un milliard de barils ont été retirés des stocks mondiaux. Il ajoute que certains stocks de diesel se situent à leur plus bas niveau saisonnier depuis 35 ans. Dans plusieurs marchés, l’offre de gaz naturel liquéfié accuse aussi un important déficit.
Ces déclarations montrent à quel point les marges de sécurité se réduisent.
Un pétrole cher, un diesel sous pression
Le baril de Brent évoluait autour de 110 dollars au moment de cette déclaration. Ce niveau reste élevé. Il pèse directement sur les économies importatrices de pétrole, en particulier en Afrique.
Autre signal d’alerte : le coût du transport du pétrole a fortement grimpé. Avant la crise, la logistique représentait moins de 5 % du coût d’un baril. Elle dépasse désormais 30 %, selon ADNOC.
Autrement dit, le problème ne concerne plus seulement la production. Il touche aussi l’acheminement. Même lorsque le pétrole existe, il coûte plus cher à transporter, à sécuriser et à distribuer.
Pourquoi l’Afrique risque de payer le prix fort
Pour de nombreux pays africains, une nouvelle poussée des prix de l’énergie aurait des effets rapides.
D’abord, le carburant plus cher renchérit le transport urbain et interurbain. Ensuite, cette hausse se répercute sur les prix alimentaires, car les marchandises coûtent plus cher à acheminer. Enfin, elle alourdit les dépenses publiques dans les pays qui subventionnent encore partiellement les produits pétroliers.
La RDC n’échapperait pas à cette pression. Le pays reste vulnérable aux variations du marché international. Une hausse durable du pétrole peut peser sur les prix à la pompe, sur le coût du transport des marchandises et, à terme, sur le pouvoir d’achat des ménages.
Dans un pays vaste comme la RDC, où de nombreuses régions dépendent déjà de chaînes logistiques longues et coûteuses, le choc peut être encore plus sensible.
Une menace pour l’inflation et la stabilité sociale
Quand l’énergie augmente, toute l’économie subit la pression. Les transporteurs révisent leurs tarifs. Les commerçants répercutent leurs coûts. Les ménages voient leurs dépenses grimper.
Cette dynamique nourrit l’inflation. Elle fragilise aussi les foyers les plus modestes, surtout dans les pays où les revenus progressent moins vite que les prix.
Le diesel constitue un point de vigilance particulier. Il fait tourner une grande partie du transport routier, des groupes électrogènes et de certaines activités industrielles. Si son prix continue d’augmenter, les conséquences pourraient dépasser le seul secteur pétrolier.
Les grandes compagnies appellent à renforcer les réserves
Face à ces tensions, Sultan Al Jaber appelle à renforcer les capacités de stockage stratégique, à constituer davantage de réserves de produits raffinés et à rapprocher certaines capacités de raffinage des marchés de consommation.
Le constat est clair : le monde dispose de moins de coussins de sécurité qu’avant. En cas de nouvelle perturbation, le choc pourrait se transmettre encore plus vite aux consommateurs.
Pour l’Afrique, l’enjeu devient donc concret. Si les prix de l’énergie restent élevés, la facture ne se limitera pas aux importations pétrolières. Elle touchera aussi l’alimentation, les transports et la vie quotidienne de millions de ménages.
