À Bunia, la peur d’Ebola fait chuter de 80 % la fréquentation d’un centre de santé

Peur d’Ebola à Bunia devant une structure sanitaire

La peur d’Ebola à Bunia produit désormais un autre effet inquiétant. De nombreux habitants évitent les structures sanitaires par crainte d’une contamination ou d’un diagnostic positif. Au Centre de santé Aéro, la fréquentation a chuté d’environ 80 %.

Avant l’épidémie, cette structure recevait jusqu’à 200 patients par jour. Elle n’en accueille plus qu’environ 40. Ce recul spectaculaire montre que l’épidémie perturbe aussi l’accès aux soins ordinaires.

Un centre presque vidé de ses patients

Le phénomène ne traduit pas une disparition des autres maladies. Il révèle surtout une perte de confiance et une peur croissante des lieux de soins.

Selon les sources sanitaires citées, certains habitants préfèrent rester chez eux. Cette situation peut favoriser l’automédication et retarder la prise en charge des malades.

Pour le personnel médical, le défi consiste donc à soigner tout en rassurant. Au Centre de santé Aéro, les équipes ont renforcé le tri dès l’arrivée des patients.

Les personnes qui présentent des symptômes compatibles avec Ebola suivent un circuit séparé. Une salle d’isolement extérieure les accueille avant une éventuelle orientation vers une structure spécialisée. Les autres patients poursuivent leurs consultations dans les espaces habituels.

La peur d’Ebola à Bunia devient un risque supplémentaire

L’Organisation mondiale de la Santé insiste sur l’importance d’une prise en charge rapide. Elle souligne également le rôle essentiel de la confiance et de la participation des communautés.

Le problème devient donc double à Bunia. Les autorités doivent combattre Ebola sans décourager la population de fréquenter les centres de santé.

Une baisse durable des consultations pourrait fragiliser davantage le système sanitaire local. Certains malades risquent de consulter tardivement ou de privilégier des traitements sans suivi médical.

Les soignants appellent donc les habitants à continuer de se rendre dans les structures sanitaires. Ils assurent que des mesures de tri, de prévention et d’isolement y sont appliquées.

Rétablir la confiance devient essentiel

La lutte contre Ebola ne se joue pas uniquement dans les centres de traitement spécialisés. Elle dépend aussi du fonctionnement normal des structures de proximité.

À Bunia, le Centre de santé Aéro illustre clairement cette difficulté. Passer de 200 à environ 40 patients par jour représente une baisse considérable de fréquentation.

La riposte devra donc convaincre autant que soigner. Sans confiance, même des dispositifs sanitaires renforcés risquent de perdre une partie de leur efficacité.