La coopération entre la MONUSCO et les autorités de l’Ituri doit être renforcée face à la persistance des violences armées et à l’épidémie d’Ebola. Le gouverneur militaire de la province, le général Gaby Kasongo, a échangé mercredi 22 juillet 2026 avec le commandant de la Force de la MONUSCO, le général Ulisses De Mesquita Gomes.
La rencontre a porté principalement sur la sécurité, la protection des civils et le soutien aux opérations sanitaires. Elle intervient dans un contexte marqué par les attaques de groupes armés, les déplacements de populations et les risques pesant sur les équipes engagées dans la riposte contre Ebola.
La coopération entre la MONUSCO et les autorités de l’Ituri au centre des échanges
Les deux responsables ont examiné les moyens d’améliorer les opérations conjointes entre les Forces armées de la République démocratique du Congo et la MONUSCO. Les discussions ont également concerné l’appui logistique, la formation des militaires congolais et le renforcement de leurs capacités opérationnelles.
Le général Ulisses De Mesquita Gomes a présenté au gouverneur les résultats des opérations déjà conduites conjointement par les FARDC et les Casques bleus. Selon lui, ces interventions ont contribué à améliorer la protection des civils dans certaines zones et à renforcer le dispositif sécuritaire provincial.
Le commandant de la Force de la MONUSCO a réaffirmé la volonté de la mission onusienne de poursuivre sa collaboration avec l’armée congolaise. L’objectif annoncé reste de mieux protéger les communautés exposées aux attaques et de renforcer la présence sécuritaire dans les zones les plus vulnérables.
Les centres de traitement d’Ebola doivent être sécurisés
La rencontre a aussi accordé une place importante à la protection des centres de traitement d’Ebola. L’Ituri demeure l’un des principaux foyers de l’épidémie et les opérations sanitaires nécessitent un environnement suffisamment sûr pour les malades, les agents de santé et les équipes d’enterrement sécurisé.
Dans plusieurs zones, l’insécurité complique l’accès aux patients et le suivi des personnes ayant été en contact avec des malades. Elle peut également entraîner la suspension temporaire des activités médicales ou le déplacement du personnel humanitaire.
La sécurisation des structures sanitaires ne concerne donc pas uniquement les bâtiments. Elle doit aussi couvrir les routes utilisées par les équipes médicales, les lieux d’intervention communautaire et les déplacements des échantillons vers les laboratoires.
Le commandant de la MONUSCO se rend à Mongbwalu
Après sa rencontre avec le gouverneur, le général De Mesquita Gomes s’est rendu à Mongbwalu, située à environ 85 kilomètres de Bunia. Cette visite devait lui permettre d’évaluer directement l’appui apporté par la MONUSCO à la sécurisation des activités de riposte contre Ebola.
Mongbwalu figure parmi les zones particulièrement surveillées en raison de la situation sanitaire et sécuritaire. La présence de groupes armés dans plusieurs parties du territoire de Djugu rend les interventions médicales plus difficiles et augmente les risques pour les populations.
La visite du commandant de la Force vise ainsi à rapprocher les décisions prises à Bunia des réalités observées sur le terrain.
Une coopération attendue au-delà des réunions
Le renforcement de la collaboration entre les FARDC et la MONUSCO est régulièrement présenté comme un moyen d’améliorer la protection des civils. Toutefois, les populations de l’Ituri attendent surtout des résultats visibles dans les villages exposés aux massacres, sur les axes routiers et autour des sites de déplacés.
Les opérations conjointes devront notamment améliorer la circulation des renseignements, réduire le temps de réaction après les alertes et empêcher les groupes armés de se déplacer librement entre plusieurs zones.
L’appui logistique et la formation des militaires peuvent également produire des effets durables. Leur efficacité dépendra cependant de la discipline des unités déployées, de leur présence régulière sur le terrain et du respect des droits des populations civiles.
Dans le domaine sanitaire, la coopération devra permettre aux équipes de riposte de travailler sans interruption. La protection des centres de traitement, des agents de santé et des communautés reste indispensable pour ralentir la propagation d’Ebola en Ituri.
