La RDC veut placer la gouvernance des ressources naturelles au cœur de la paix mondiale

Thérèse Kayikwamba Wagner intervient au Conseil de sécurité de l’ONU sur la gouvernance des ressources naturelles.

La gouvernance des ressources naturelles ne doit plus être considérée comme une simple question économique. Pour la République démocratique du Congo, elle constitue désormais un enjeu majeur de paix, de sécurité et de développement international.

Devant le Conseil de sécurité des Nations unies, mercredi 22 juillet 2026, la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a proposé la création d’un « Groupe des amis de la gouvernance des ressources naturelles ». Cette initiative vise à réunir plusieurs acteurs autour d’une gestion plus transparente et équitable des richesses naturelles.

La réunion s’est tenue sous la présidence de la RDC, qui dirige le Conseil de sécurité pendant le mois de juillet 2026. Le débat portait sur la gouvernance des ressources naturelles comme fondement de la paix, de la sécurité et de la prospérité. UN Transcripts

La RDC propose une coalition internationale sur les ressources naturelles

Le groupe proposé par Kinshasa pourrait réunir les États membres de l’ONU, les organisations régionales, les institutions financières internationales, les pays producteurs et consommateurs, les entreprises ainsi que la société civile.

Cette plateforme aurait notamment pour mission de renforcer le dialogue, de partager les bonnes pratiques et d’améliorer les mécanismes internationaux déjà consacrés à la traçabilité et à la gestion des ressources naturelles.

La RDC souhaite ainsi faire évoluer le débat international. Les minerais, l’eau, les forêts, les terres agricoles, les ressources énergétiques et la biodiversité ne devraient plus alimenter les rivalités, les trafics et les conflits.

Ils devraient, au contraire, devenir des instruments de coopération et de prospérité partagée.

Les ressources naturelles continuent de financer les conflits

Dans plusieurs régions du monde, l’exploitation illégale des richesses naturelles soutient des groupes armés et des réseaux criminels. Elle fragilise également les institutions publiques et prive les communautés locales des revenus issus de leur territoire.

La situation dans l’est de la RDC illustre directement ce problème. Depuis plusieurs années, l’exploitation et le commerce illicites de certains minerais sont associés au financement de groupes armés et à la persistance de l’insécurité.

Des minerais provenant de zones de conflit peuvent ensuite entrer dans les chaînes internationales d’approvisionnement, malgré l’existence de mécanismes de contrôle et de certification.

Pour Kinshasa, lorsqu’une ressource stratégique finance une guerre, le problème ne relève plus uniquement de la souveraineté nationale. Il devient une menace pour la paix et la sécurité internationales.

La transition énergétique augmente la valeur des minerais critiques

La demande mondiale en cobalt, cuivre, lithium et autres minerais critiques augmente avec le développement des véhicules électriques, des batteries, des équipements numériques et des énergies renouvelables.

Cette évolution donne à la RDC une place importante dans les nouvelles chaînes économiques mondiales. Cependant, le pays estime que les populations vivant dans les zones productrices ne profitent pas suffisamment de cette richesse.

Thérèse Kayikwamba Wagner a ainsi défendu une transition énergétique plus juste. Selon la position congolaise, les pays producteurs ne doivent pas rester de simples fournisseurs de matières premières pendant que la transformation industrielle et l’essentiel des bénéfices se réalisent ailleurs.

La RDC plaide donc pour davantage de transformation locale, de création d’emplois et de valeur ajoutée dans les pays qui fournissent les minerais indispensables aux technologies modernes.

Six principes défendus par la RDC

La proposition congolaise repose sur plusieurs orientations. Elle prévoit notamment le respect de la souveraineté des États sur leurs ressources, une plus grande transparence des chaînes d’approvisionnement et le renforcement des mécanismes de traçabilité.

Kinshasa réclame également une lutte plus ferme contre l’impunité économique des acteurs impliqués dans l’exploitation illégale des ressources naturelles.

La RDC souhaite enfin promouvoir des partenariats plus équilibrés entre pays producteurs et consommateurs, tout en garantissant que les communautés locales bénéficient réellement des richesses exploitées sur leurs terres.

Une initiative qui devra produire des mécanismes concrets

La création d’un groupe international pourrait permettre à la RDC d’inscrire durablement la question des ressources naturelles dans les discussions du Conseil de sécurité.

Cependant, l’efficacité de cette initiative dépendra de sa capacité à produire des mesures concrètes. Les déclarations devront être accompagnées de systèmes crédibles de traçabilité, de sanctions contre les réseaux impliqués dans les trafics et d’une coopération plus forte entre États.

Les entreprises qui achètent ou transforment les minerais devront également vérifier plus rigoureusement leur origine.

Pour la RDC, l’enjeu est considérable. Il s’agit de transformer des ressources longtemps associées aux conflits en moteurs d’industrialisation, de développement local et de stabilité.