L’opération Ndobo à Gombe a conduit à l’interpellation de 590 personnes en une seule nuit. Pour les autorités, cette intervention répond à l’insécurité qui inquiète les habitants de Kinshasa. Mais l’ampleur des arrestations impose aussi un examen sérieux de chaque situation.
L’opération s’est déroulée dans la nuit du 29 au 30 juillet 2026. Elle a mobilisé des patrouilles policières pédestres et motorisées dans la commune de la Gombe. Le vice-premier ministre de l’Intérieur a présenté le bilan lors du Conseil des ministres du 31 juillet.
L’opération Ndobo à Gombe cible le banditisme urbain
Selon le Gouvernement, les forces de sécurité visaient les groupes accusés d’agressions, de vols et de braquages. Les autorités citent notamment les bandes appelées « Kuluna », mais aussi certains jeunes vivant dans la rue.
Après les interpellations, les services compétents ont commencé un tri. Ils doivent déterminer les faits reprochés à chaque personne.
Les suspects contre lesquels des infractions ont été retenues ont été transférés à l’Auditorat militaire de la Gombe. Les autres personnes ont été conduites vers le site de Kinkole.
Cette distinction reste essentielle. Une personne arrêtée dans une zone contrôlée ne devient pas automatiquement coupable. Les autorités doivent donc éviter que des innocents paient pour la simple raison qu’ils se trouvaient au mauvais endroit.
La sécurité reste une attente forte à Kinshasa
À Kinshasa, de nombreux habitants dénoncent les agressions nocturnes, les vols à main armée et les attaques contre les commerces. Les cambistes figurent aussi parmi les cibles fréquentes.
Le ministère de l’Intérieur affirme qu’une bande armée impliquée dans plusieurs braquages a récemment été démantelée. Des vidéos de certaines attaques avaient circulé sur les réseaux sociaux.
Dans ce contexte, les opérations policières peuvent rassurer une partie de la population. Les habitants veulent pouvoir travailler, rentrer chez eux et circuler sans craindre une agression.
Cependant, la force d’une opération ne se mesure pas seulement au nombre d’arrestations. Elle se mesure aussi au nombre d’affaires réellement élucidées, aux victimes protégées et aux suspects jugés sur la base de preuves.
Entre fermeté et respect des droits
Lancée le 6 décembre 2024, l’opération « Ndobo » signifie « hameçon » en lingala. Elle vise à lutter contre le banditisme urbain dans plusieurs villes congolaises. Les autorités affirment qu’elle a déjà permis d’interpeller plusieurs milliers de suspects.
Le défi consiste maintenant à associer fermeté et justice. Les vrais auteurs d’agressions doivent répondre de leurs actes. Mais les enquêtes doivent aussi protéger les personnes arrêtées sans preuve suffisante.
La lutte contre les Kuluna ne pourra pas reposer uniquement sur des rafles. Elle doit aussi s’attaquer au chômage des jeunes, à la consommation de drogues, à l’abandon scolaire et à la faiblesse de l’encadrement social.
À Gombe, les 590 interpellations montrent la détermination des autorités. La suite permettra de juger l’efficacité réelle de l’opération : combien de dossiers solides seront présentés à la justice, et combien de personnes seront libérées faute de charges ?
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