À trois jours des élections générales en Zambie, plus de huit millions d’électeurs s’apprêtent à choisir leur président et leurs représentants. Le scrutin du 13 août 2026 devrait principalement opposer le président sortant Hakainde Hichilema à Brian Mundubile, alors que les préoccupations économiques occupent une place centrale dans la campagne.
Hakainde Hichilema sollicite un deuxième mandat après cinq années marquées par les efforts de restructuration de la dette, la relance des investissements et une amélioration de plusieurs indicateurs économiques.
Mais ces résultats macroéconomiques ne suffisent pas nécessairement à convaincre l’ensemble de la population. Pour beaucoup de Zambiens, la question essentielle reste celle du coût de la vie et du pouvoir d’achat.
L’économie au cœur des élections générales en Zambie
La situation économique constitue probablement le principal test pour Hichilema.
La Zambie avait fait défaut sur sa dette souveraine en 2020. Depuis son arrivée au pouvoir en 2021, le gouvernement a engagé des réformes et une restructuration de cette dette.
Aujourd’hui, l’inflation est retombée autour de 6,5 %, tandis que la croissance économique est attendue à environ 4,3 %. Cependant, une partie de la population continue de ressentir fortement la hausse des dépenses quotidiennes.
L’opposition tente donc de transformer cette frustration en argument électoral.
Brian Mundubile et ses alliés mettent notamment l’accent sur la pauvreté, les difficultés sociales et l’écart entre les améliorations affichées par les indicateurs économiques et le quotidien d’une partie de la population. Mail & Guardian
Le cuivre constitue un autre enjeu majeur
L’avenir de l’industrie minière s’impose également dans le débat.
La Zambie figure parmi les principaux producteurs africains de cuivre. Le gouvernement ambitionne désormais de porter la production nationale à trois millions de tonnes par an.
Le secteur minier représente environ 9 % du produit intérieur brut et près de la moitié des recettes publiques du pays. Les investisseurs réclament cependant davantage d’électricité, de nouvelles infrastructures ainsi qu’un environnement réglementaire plus stable pour atteindre les objectifs fixés.
La question dépasse largement les frontières zambiennes.
Avec la montée de la demande mondiale en cuivre pour les réseaux électriques, les véhicules électriques et les nouvelles infrastructures énergétiques, la prochaine administration devra arbitrer entre attraction des capitaux étrangers, augmentation de la production et retombées économiques pour la population.
Hichilema part favori, mais le scrutin reste politique
Les analyses disponibles placent Hakainde Hichilema en position favorable pour obtenir un deuxième mandat. La compétition s’est néanmoins resserrée autour de son principal adversaire, Brian Mundubile.
Au total, 14 candidats sont engagés dans la course présidentielle, même si la confrontation entre les deux principaux camps domine largement la campagne.
Les élections permettront aussi de renouveler l’Assemblée nationale ainsi que les autorités locales. Le gouvernement zambien affirme avoir ouvert le processus aux missions internationales d’observation électorale.
Des organisations spécialisées dans la gouvernance ont toutefois exprimé des préoccupations concernant l’environnement politique, notamment l’utilisation des institutions judiciaires dans les compétitions électorales et certains risques de violences localisées.
Un scrutin important pour la RDC
L’élection mérite également une attention particulière en République démocratique du Congo.
Les deux pays partagent une longue frontière ainsi que des intérêts considérables dans le secteur minier. La Zambie constitue aussi un corridor essentiel pour une partie des exportations et importations provenant du sud de la RDC.
Une continuité politique à Lusaka pourrait maintenir les orientations économiques et diplomatiques actuelles. Une évolution du rapport de forces pourrait, au contraire, apporter de nouvelles priorités dans les relations régionales.
Le 13 août, les électeurs zambiens ne choisiront donc pas seulement leur prochain président. Ils se prononceront aussi sur cinq années de politique économique de Hichilema et sur la direction que prendra l’un des principaux producteurs de cuivre du continent.
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