Ce qui se déroule à Makala n’est pas un simple incident sécuritaire. C’est un aveu brutal, public et sans équivoque de l’effondrement de l’État. Depuis le mardi 21 avril, des éléments des FARDC et de la Police nationale congolaise (PNC) s’affrontent à l’arme lourde en pleine ville, transformant une commune populaire de Kinshasa en zone de guerre, sous le silence assourdissant des autorités.
Ce mercredi 22 avril, loin de toute désescalade, les combats ont repris avec une intensité inquiétante. Des tirs nourris, des mouvements de troupes incontrôlés, et au milieu : une population civile abandonnée, livrée à la peur, à l’arbitraire et à la violence aveugle de ceux qui sont censés la protéger.
Tout serait parti d’une énième dérive policière : des arrestations arbitraires de jeunes en pleine journée. Une pratique devenue banale, presque institutionnalisée. L’intervention des militaires, loin de ramener l’ordre, a déclenché un affrontement direct entre forces de sécurité. Une scène surréaliste, indigne d’un État qui prétend encore exercer son autorité.
Mais le plus révoltant reste la suite : profitant de ce chaos, des bandes de Kuluna ont pris le contrôle de certaines zones, se greffant aux affrontements selon leurs intérêts. Pillages, destructions, règlements de comptes, la commune de Makala a sombré dans une anarchie totale. Selon plusieurs témoignages, Un poste de police réduit en cendres, des maisons ciblées, et aucune force capable ou désireuse de reprendre la situation en main.
Pendant ce temps, que font les autorités ? Rien. Pas de communication claire. Pas de mesures visibles. Pas de responsabilité assumée. Ce silence n’est pas neutre : il est complice.
Selon plusieurs sources, les images qui circulent sont accablantes et devraient provoquer une onde de choc nationale : des enfants cachés sous les bancs de leurs salles de classe pendant que les balles sifflent. Voilà à quoi ressemble aujourd’hui la “sécurité” dans la capitale congolaise.
Combien de morts faudra-t-il pour que quelqu’un réagisse ? Combien de quartiers devront sombrer avant que l’on reconnaisse enfin l’évidence : il ne s’agit plus de dysfonctionnements isolés, mais d’un système sécuritaire en décomposition avancée ?
Makala n’est pas un cas isolé. Makala est le symptôme. Celui d’un État incapable de contrôler ses propres forces, incapable de protéger ses citoyens, incapable même de dire la vérité.
Lorsque l’armée et la police s’affrontent, lorsque des criminels prennent le relais, lorsque la population se cache pour survivre ce n’est plus une crise. C’est une faillite.
Et dans toute faillite, il y a des responsables.
AfricaCentralNews.com reste mobilisé et continue de suivre de près cette situation préoccupante, marquée par de graves dérives sécuritaires.
