Kinshasa : l’éclairage public en panne, la société civile exige la suspension de la redevance

Face à la montée de l’insécurité nocturne dans plusieurs quartiers de Kinshasa, la Nouvelle Société Civile Congolaise hausse le ton. Elle réclame la suspension de la redevance d’éclairage public dans les zones plongées dans le noir et exige plus de transparence dans la gestion des fonds collectés.

Une capitale plongée dans l’obscurité

À Kinshasa, la question de l’éclairage public revient au centre des préoccupations. Dans plusieurs quartiers, les habitants sont contraints de circuler dans l’obscurité une fois la nuit tombée.

Pour la Nouvelle Société Civile Congolaise, cette situation expose davantage la population à l’insécurité. Les femmes, les petits commerçants, les vendeurs de nuit et les travailleurs qui rentrent tard figurent parmi les plus vulnérables.

Selon l’organisation, l’absence d’éclairage favorise les agressions, les vols et le sentiment d’abandon dans certains coins de la capitale.

Une redevance contestée par la société civile

Au cœur des critiques se trouve la redevance d’éclairage public. Cette somme est prélevée mensuellement sur les factures d’électricité, alors que le service attendu reste absent dans plusieurs zones.

Pour la NSCC, il est difficile de justifier le maintien de cette charge lorsque les résultats ne sont pas visibles sur le terrain. L’organisation dénonce un manque de transparence dans la perception, le transfert et l’utilisation des fonds.

Son coordonnateur, Jonas Tshiombela, estime que la population paie pour un service qui n’est pas assuré de manière effective.

Un enjeu direct de sécurité publique

Pour la société civile, l’éclairage public ne relève pas du confort urbain. Il s’agit d’un véritable outil de sécurité.

Dans les zones non éclairées, les déplacements deviennent plus risqués. Les actes de banditisme se multiplient plus facilement, surtout dans les quartiers populaires, les marchés, les arrêts de transport et les avenues secondaires.

La NSCC considère donc que chaque rue plongée dans le noir traduit une défaillance du service public et renforce la défiance des citoyens envers les institutions.

La NSCC exige un audit indépendant

Face à cette situation, la Nouvelle Société Civile Congolaise demande la suspension immédiate de la redevance dans les quartiers non desservis.

Elle réclame également un audit indépendant du mécanisme de gestion des fonds liés à l’éclairage public. L’organisation souhaite que les autorités publient régulièrement les recettes collectées, les montants investis et les zones réellement couvertes par les travaux.

Pour la NSCC, la transparence est devenue indispensable pour rétablir la confiance entre la population et les autorités.

Les élus appelés à jouer leur rôle de contrôle

La société civile interpelle aussi les élus nationaux et provinciaux. Elle leur demande d’exercer pleinement leur mission de contrôle sur la gestion de cette redevance.

Selon elle, le silence des institutions sur cette question alimente la frustration des habitants. La NSCC estime que les autorités doivent désormais fournir des réponses concrètes, avec des délais précis et des résultats visibles.

Une pression citoyenne qui pourrait s’accentuer

Alors que l’insécurité reste une préoccupation majeure à Kinshasa, la question de l’éclairage public pourrait devenir un nouveau front de mobilisation citoyenne.

Pour la NSCC, la population ne peut pas continuer à payer sans constater d’amélioration dans son cadre de vie. Tant que plusieurs quartiers resteront dans le noir, la redevance d’éclairage public continuera d’être perçue comme une charge injuste et opaque.

Dans une capitale aussi vaste que Kinshasa, l’éclairage public demeure un service essentiel. Il touche directement à la sécurité, à la mobilité et à la dignité des habitants.