Le rôle politique de Joseph Kabila revient au centre du débat en République démocratique du Congo. Jean-Claude Vuemba, longtemps parmi les critiques de l’ancien président, affirme aujourd’hui porter un regard plus nuancé sur celui qu’il a combattu politiquement pendant plusieurs années.
Intervenant lors d’un échange en ligne organisé par le journaliste Stanis Bujakera, Jean-Claude Vuemba a notamment reconnu le rôle de Joseph Kabila dans la première alternance pacifique au sommet de l’Etat congolais, intervenue en janvier 2019. Il n’a toutefois pas effacé les nombreuses critiques liées à la gouvernance de l’ancien régime et au contentieux électoral de 2018.
Un changement de ton qui interpelle
Jean-Claude Vuemba admet lui-même que sa perception de Joseph Kabila a évolué.
L’ancien opposant estime aujourd’hui que l’ancien chef de l’Etat pourrait disposer d’une expérience utile dans la recherche d’une solution à la crise politique actuelle. Il rappelle notamment que plusieurs dialogues et concertations ont marqué les années de pouvoir de Kabila.
Cette prise de position intervient dans un contexte particulier. Le débat sur un dialogue national inclusif s’intensifie, alors que plusieurs acteurs de l’opposition réclament la participation de Joseph Kabila, de l’AFC/M23 et d’autres forces politiques ou sociales. Delly Sesanga a notamment défendu cette approche en juillet, estimant qu’un dialogue excluant certains acteurs ne permettrait pas de traiter durablement les causes de la crise.
Kabila reste un acteur aussi influent que controversé
La place éventuelle de Joseph Kabila autour d’une table de dialogue reste cependant très sensible.
Le mouvement Sauvons la RDC, proche de l’ancien président, soutient le principe d’un dialogue national, mais exige un processus qu’il juge véritablement inclusif et indépendant. Cette plateforme présente notamment le dialogue comme un outil qui avait déjà été utilisé pendant les années Kabila pour tenter de résoudre plusieurs crises politiques.
Dans le même temps, la présence de l’ancien président dans des zones contrôlées par l’AFC/M23 et les accusations formulées contre lui par le pouvoir rendent son éventuelle participation particulièrement controversée. Ces éléments alimentent les divergences sur les conditions du futur dialogue. Actualite.cd
Les propos de Jean-Claude Vuemba ne constituent donc pas seulement une appréciation personnelle de Joseph Kabila. Ils illustrent aussi une évolution plus large du débat politique congolais : malgré les profondes divisions du passé, plusieurs responsables commencent à s’interroger sur la possibilité de réunir autour d’une même table des acteurs longtemps considérés comme irréconciliables.
