La riposte contre Ebola en Ituri doit entrer dans une nouvelle phase. En mission à Bunia, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a réaffirmé l’engagement du Gouvernement à accélérer les interventions contre une épidémie qui continue de frapper durement la province.
Arrivée jeudi 23 juillet dans le chef-lieu de l’Ituri, la cheffe du Gouvernement a indiqué que sa mission devait permettre d’évaluer les actions déjà menées, d’identifier les insuffisances et d’adapter les mesures de lutte aux réalités observées sur le terrain.
Elle a notamment insisté sur la nécessité de renforcer les équipements sanitaires, d’intensifier la sensibilisation communautaire et d’améliorer l’organisation des enterrements dignes et sécurisés. Ces opérations sont essentielles pour réduire les risques de contamination lors des funérailles.
La riposte contre Ebola en Ituri reçoit 50 millions de dollars
Selon Judith Suminwa, le Gouvernement congolais a déjà débloqué 50 millions de dollars américains pour soutenir la lutte contre Ebola. La Première ministre a expliqué que les principales décisions étaient coordonnées depuis Kinshasa par une Task Force placée sous la direction des autorités nationales.
Cette annonce intervient alors que les besoins restent considérables dans plusieurs zones de santé. Les équipes doivent assurer le dépistage, l’isolement des malades, la prise en charge médicale, le suivi des personnes ayant été en contact avec les patients et la sécurisation des enterrements.
La mission gouvernementale prévoit également des visites dans plusieurs centres de traitement situés à Bunia et Rwampara. Judith Suminwa devrait aussi se rendre à Mongbwalu, dans le territoire de Djugu, l’un des principaux foyers de l’épidémie en Ituri.
L’Ituri reste l’épicentre de l’épidémie
Les dernières données détaillées publiées par l’Organisation mondiale de la Santé montrent l’ampleur de la crise. Au 15 juillet 2026, la RDC comptait 2 124 cas confirmés et 828 décès liés au virus Bundibugyo. Au moins 390 patients avaient cependant été déclarés guéris.
L’Ituri concentrait à elle seule 1 904 cas confirmés, soit près de 90 % des contaminations enregistrées dans le pays. La province comptait également 692 décès. Bunia, Rwampara et Mongbwalu figuraient parmi les zones de santé les plus touchées. Organisation Mondiale de la Santé
L’OMS signalait par ailleurs 119 contaminations parmi les professionnels de santé, dont 36 décès. Ces chiffres montrent les risques auxquels restent exposés les agents travaillant dans les structures médicales et au sein des communautés.
L’insécurité et la méfiance compliquent les interventions
La lutte contre l’épidémie est aussi fragilisée par l’insécurité persistante. Au moins une douzaine d’attaques contre des centres de santé, des équipes médicales et des agents chargés des enterrements avaient été documentées en Ituri à la mi-juillet. Certains partenaires humanitaires ont dû déplacer temporairement leur personnel vers Bunia.
Des mouvements de grève liés au retard de paiement de certains agents ont également perturbé les activités. À cela s’ajoutent les fausses informations et la méfiance d’une partie de la population envers les équipes sanitaires.
La société civile de l’Ituri demande ainsi au Gouvernement de redynamiser la coordination de la riposte, tout en prenant des mesures concrètes contre les groupes armés. Elle estime que la lutte contre Ebola ne peut pas réussir durablement lorsque les équipes médicales et les communautés vivent sous la menace permanente des violences.
Le financement annoncé constitue donc une étape importante. Son efficacité dépendra toutefois de sa transformation rapide en équipements, médicaments, primes pour les agents, centres de traitement accessibles et campagnes de sensibilisation adaptées aux réalités locales. Cette mise en œuvre concrète sera déterminante pour restaurer la confiance et ralentir la propagation de l’épidémie.
