L’Ouganda renforce ses restrictions sanitaires aux frontières avec la République démocratique du Congo face à l’épidémie d’Ebola. Depuis l’annonce faite dimanche 25 octobre 2026, les citoyens ougandais revenant d’un séjour en RDC doivent observer une quarantaine obligatoire de 21 jours, à leurs propres frais.
Cette décision a été annoncée par le ministre ougandais de la Santé, Chris Baryomunsi, lors d’une conférence de presse à Kampala. Elle intervient alors que la souche Bundibugyo du virus Ebola continue de circuler en RDC, particulièrement dans la province de l’Ituri.
Des restrictions renforcées aux frontières
Les nouvelles mesures concernent également les ressortissants congolais souhaitant entrer en Ouganda. Les voyageurs dont les déplacements ne sont pas jugés essentiels peuvent être refoulés à leurs frais.
Les déplacements autorisés pour des raisons essentielles, notamment humanitaires ou commerciales, restent soumis aux contrôles sanitaires.
Les autorités interdisent également le transit par le territoire ougandais aux voyageurs ayant récemment séjourné en RDC, y compris lorsqu’ils empruntent des vols affrétés.
À l’aéroport international d’Entebbe et aux postes frontaliers terrestres, les contrôles ont été renforcés. Tous les voyageurs entrant en Ouganda doivent remplir un formulaire de localisation et se soumettre à un dépistage sanitaire.
L’Ituri particulièrement concernée
Ces restrictions pourraient avoir des conséquences importantes pour les populations de l’Ituri, dont les échanges commerciaux et les déplacements vers l’Ouganda sont fréquents.
Les habitants des territoires frontaliers, notamment Mahagi et Aru, pourraient rencontrer davantage de difficultés pour voyager. Les transporteurs, commerçants et personnes nécessitant des soins médicaux en Ouganda sont également concernés par les nouvelles exigences.
L’application de ces mesures dépendra notamment du caractère essentiel des déplacements et des contrôles effectués aux différents points d’entrée.
L’Ouganda affirme rester exempt de nouveaux cas
Malgré le renforcement des restrictions, les autorités ougandaises affirment qu’aucun nouveau cas d’Ebola n’a été confirmé sur leur territoire depuis la fin officielle de leur précédente épidémie, le 28 juillet 2026.
Kampala enquête néanmoins sur le parcours d’une patiente diagnostiquée au Nigeria après un séjour en Ouganda.
Les autorités suisses estiment que cette patiente pourrait avoir contracté le virus pendant son séjour ougandais. Le gouvernement ougandais conteste cette hypothèse et souligne que l’origine exacte de l’infection reste à établir.
Par ailleurs, les 60 personnes suivies en Ouganda après le passage du premier patient kényan atteint d’Ebola ont terminé leur période de surveillance sans présenter de symptômes.
Alors que la RDC poursuit sa riposte sanitaire, ces nouvelles restrictions témoignent des inquiétudes régionales face aux risques de propagation du virus. Elles pourraient également compliquer les déplacements entre l’Ituri et l’Ouganda, deux territoires étroitement liés par leurs échanges économiques et humains.
