RDC – ITURI : face aux violences attribuées à la CODECO, Jospin Ondru questionne le GIIPP et interpelle LORI

Malgré la mise en place, depuis septembre 2025, d’une structure dénommée GIIPP, les violences attribuées à la milice CODECO continuent de faire des victimes parmi les populations civiles de la province de l’Ituri, particulièrement au sein de la communauté Hema.

Face à la multiplication des attaques meurtrières, des interrogations émergent sur l’efficacité des mécanismes censés contribuer à la pacification de la province de l’Ituri, tandis que les prises de position de certaines organisations communautaires, notamment LORI, alimentent de nouvelles controverses.

Dans une analyse transmise à AfricaCentralNews, Jospin ONDRU dresse un bilan provisoire des violences signalées en 2026 et interpelle directement LORI sur les accusations visant la Convention pour la Révolution Populaire (CRP).

EN 2026 UNE SUCCESSION D’ATTAQUES MEURTRIÈRES MALGRÉ L’EXISTENCE DU GIIPP

Selon les informations communiquées par Jospin ONDRU, plusieurs attaques attribuées à la CODECO auraient causé de nombreuses pertes en vies humaines depuis le début de l’année 2026.

Le bilan non exhaustif qu’il présente fait état des événements suivants :

  • Mars 2026 : Plus de 20 personnes tuées.
  • Avril 2026 : Plus de 150 personnes tuées.
  • Août 2026 : 4 personnes tuées.
  • Septembre 2026 : Au moins 17 personnes tuées.
  • 9 octobre 2026 : 11 personnes tuées.
  • 10 octobre 2026 : Un enfant tué et 10 autres personnes portées disparues.
  • 12 octobre 2026 : 5 personnes tuées, parmi lesquelles deux femmes enceintes, deux jeunes filles et une personne brûlée vive. Un centre de santé aurait également été incendié et pillé.
  • 14 octobre 2026 : Plusieurs chauffeurs, dont des ressortissants étrangers, auraient été tués à Pimbo, ainsi que d’autres civils, dans des attaques attribuées à la CODECO. Le bilan exact demeure indisponible.

Ces chiffres, communiqués par la source et non encore vérifiés de manière indépendante par AfricaCentralNews, font apparaître un bilan provisoire supérieur à 200 morts pour les périodes recensées, sans compter les personnes portées disparues et les victimes dont le nombre reste à déterminer.

Pour Jospin ONDRU, cette situation soulève une interrogation majeure sur le rôle et l’efficacité du GIIPP.

« À quoi sert réellement le GIIPP si, malgré son existence depuis septembre 2025, les populations civiles continuent d’être massacrées ? Quels résultats concrets cette structure peut-elle présenter aux familles endeuillées ? », s’interroge-t-il.

Au-delà de ces questions, la persistance des violences met en évidence la nécessité d’évaluer les mécanismes de pacification et les responsabilités des autorités chargées de la protection des populations civiles.

LORI INTERPELLÉE : QUELLES PREUVES CONTRE LA CRP ?

L’autre volet de cette interpellation concerne un communiqué de LORI dans lequel la Convention pour la Révolution Populaire (CRP) aurait été mise en cause.

Jospin ONDRU conteste cette prise de position et demande à LORI de produire des éléments précis permettant d’étayer ses accusations.

« LORI peut-elle nous présenter des cas précis, documentés et vérifiables de civils Lendu qui auraient été assassinés par la CRP ? Qu’elle nous fournisse les dates, les lieux, l’identité des victimes et les circonstances de ces faits allégués. »

Selon lui, des accusations d’une telle gravité doivent reposer sur des faits établis et non sur des insinuations susceptibles d’aggraver les tensions communautaires.

Il s’interroge également sur ce qu’il considère comme une absence de condamnation suffisamment ferme, de la part de LORI, des massacres attribués à la CODECO.

« Pourquoi LORI ne manifeste-t-elle pas la même fermeté lorsqu’il s’agit de condamner les massacres attribués à la CODECO ? Pourquoi ce silence face aux atrocités qui continuent d’endeuiller des familles innocentes ? », questionne-t-il.

Ces interrogations constituent la position de la source. Elles ne permettent pas, à elles seules, d’établir une quelconque complicité entre LORI et la milice CODECO.

ENTE APPELÉE À PRÉSERVER SON INDÉPENDANCE FACE AUX POSITIONS DE LORI

Dans son analyse, Jospin ONDRU adresse également un message au directoire de l’ENTE, organisation culturelle de la communauté Hema.

Il invite ses responsables à préserver leur indépendance institutionnelle et à ne pas se laisser entraîner dans ce qu’il qualifie de provocations et de polémiques entretenues par LORI.

Pour lui, l’ENTE devrait concentrer son action sur la défense des populations civiles, la documentation des violations des droits humains et la recherche de justice pour les victimes.

« Nous demandons solennellement au directoire de l’ENTE de ne plus se laisser entraîner dans les provocations de LORI. L’ENTE doit préserver sa dignité, son indépendance et sa responsabilité morale dans la défense des populations civiles. »

Il estime que chaque organisation doit assumer ses propres déclarations et les conséquences de ses prises de position.

Concernant les allégations de soutien, d’hébergement ou de complicité avec la CODECO, il insiste sur la nécessité d’enquêtes indépendantes capables d’établir les responsabilités sur la base de preuves.

« Que LORI assume seule le poids de ses positions et de ses contradictions. L’ENTE n’a aucune obligation de cautionner ses silences, ses provocations ou ses prises de position ».

LA PROTECTION DE LA COMMUNAUTÉ HEMA, UNE EXIGENCE DE JUSTICE ET NON UNE FAVEUR

Les violences répétées contre les civils Hema doivent être considérées comme une préoccupation majeure de sécurité et de protection des droits fondamentaux.

Il rappelle que la protection des populations ne saurait dépendre de leur appartenance ethnique ou de leur proximité avec une organisation politique ou communautaire.

« La communauté Hema a droit à la même protection, à la même justice et à la même dignité que toutes les autres communautés de la République démocratique du Congo. La vie d’un citoyen Hema ne vaut ni plus ni moins que celle d’un autre Congolais ».

Il appelle également à éviter toute confusion entre les responsabilités individuelles des auteurs présumés de crimes et l’ensemble des membres d’une communauté.

ENTRE MÉCANISMES DE PACIFICATION ET PERSISTANCE DE L’IMPUNITÉ

La poursuite des violences dans la province de l’Ituri soulève des interrogations sur l’efficacité des initiatives de pacification, la capacité des autorités à protéger les civils et la nécessité de poursuivre les auteurs présumés de crimes.

Alors que plusieurs mécanismes ont été annoncés pour contribuer à la stabilisation de la province, les populations affectées attendent des résultats concrets : la cessation des attaques, la sécurisation de leurs villages, le retour des déplacés et l’accès à la justice.

Pour Jospin ONDRU, les organisations communautaires devraient privilégier la dénonciation des crimes, la recherche de la vérité et la défense des victimes plutôt que les accusations réciproques.

« L’heure n’est plus aux communiqués de complaisance, mais à la vérité, à la responsabilité et à la fin de l’impunité en Ituri ».

Une interpellation qui remet au centre du débat une question essentielle : combien de victimes faudra-t-il encore enregistrer avant que les mécanismes de pacification produisent des résultats tangibles pour les populations civiles ?

 

Note de la rédaction : Les bilans et les accusations rapportés dans cet article proviennent des informations et de l’analyse communiquées par la source citée. Ils nécessitent une vérification indépendante. Les organisations LORI et GIIPP, ainsi que les autres parties mises en cause, devraient pouvoir apporter leurs éclaircissements et exercer leur droit de réponse.