Dakar 2026, six jeunes réfugiés portent leurs rêves jusqu’aux Jeux olympiques

Équipe olympique des réfugiés Dakar 2026 réunie au Kenya avant les Jeux olympiques de la jeunesse.

Ils vivent au Kenya et en Ouganda, loin des pays qu’ils ont dû quitter. Ce samedi 31 octobre 2026, six jeunes réfugiés entrent dans l’histoire en devenant les premiers à représenter une équipe olympique de réfugiés aux Jeux olympiques de la jeunesse, organisés à Dakar, au Sénégal.

Pour Arno, Clement, Florence, Lourance, Nyataba et Rachid, le chemin vers les Jeux olympiques n’a rien d’ordinaire. Leur parcours est marqué par l’exil, mais aussi par une passion commune : le sport.

Âgés de 15 à 17 ans, ces trois filles et trois garçons participent à une compétition réunissant environ 2 700 jeunes athlètes du monde entier. Ils ne représentent pas leurs pays d’accueil, mais une équipe créée pour donner une place aux sportifs contraints de fuir leur pays.

Du quotidien des réfugiés aux installations olympiques

Quatre membres de l’équipe vivent au Kenya et deux en Ouganda. Certains ont été sélectionnés à travers des programmes sportifs destinés aux réfugiés, notamment dans les communautés d’accueil d’Afrique de l’Est.

Leurs disciplines sont variées. Arno défendra ses chances en judo, Lourance en taekwondo, tandis que Clement, Florence, Nyataba et Rachid participeront aux épreuves d’athlétisme.

Avant de rejoindre le Sénégal, les six jeunes ont été réunis dans un centre d’entraînement à Kaptagat, près d’Eldoret, au Kenya. Ils y ont bénéficié d’un encadrement sportif et de séances de préparation collective.

Ils ont également rencontré Eliud Kipchoge, double champion olympique du marathon, venu partager son expérience et les encourager.

Un ancien réfugié devenu leur guide

À la tête de cette équipe figure Yiech Pur Biel, ancien réfugié sud-soudanais qui avait lui-même participé aux Jeux olympiques de Rio en 2016.

Après avoir fui la guerre au Soudan du Sud, il a grandi dans le camp de réfugiés de Kakuma, au Kenya, où il a développé ses capacités sportives.

Dix ans après sa première participation olympique, il accompagne désormais une nouvelle génération d’athlètes confrontés à des épreuves semblables.

Son parcours illustre les possibilités qu’offre le sport lorsqu’il s’accompagne d’un véritable soutien humain et institutionnel.

Une victoire qui dépasse les médailles

Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), plus de 117 millions de personnes étaient déplacées de force dans le monde à la fin de 2025.

Dans ce contexte, la participation des six jeunes à Dakar dépasse largement les résultats sportifs.

Elle rappelle que les réfugiés ne doivent pas être uniquement considérés à travers les crises humanitaires. Ils possèdent aussi des talents, des ambitions et des capacités qui méritent d’être accompagnés.

Pour ces jeunes athlètes, les Jeux olympiques de la jeunesse représentent une occasion de se mesurer aux meilleurs de leur génération et de faire entendre une autre histoire de l’exil.

À Dakar, ils tenteront de remporter des médailles. Mais leur présence constitue déjà une première historique, susceptible d’inspirer d’autres jeunes vivant dans les camps et les communautés de réfugiés à travers l’Afrique.