L’Ituri et le Haut-Uélé renforcent leur coopération face aux ADF et à Ebola

Coopération sécuritaire entre l’Ituri et le Haut-Uélé à Bunia

Les provinces de l’Ituri et du Haut-Uélé renforcent leur coopération sécuritaire et sanitaire face aux menaces communes qui touchent cette partie du nord-est de la République démocratique du Congo. Réunis à Bunia, les responsables des deux provinces ont notamment convenu d’améliorer le partage des renseignements dans la lutte contre les ADF et de mieux coordonner la riposte contre Ebola.

Le gouverneur du Haut-Uélé, Jean Bakomito Gambu, était arrivé vendredi 7 août à Bunia pour une visite de travail. À son arrivée, il avait annoncé des discussions avec les autorités de l’Ituri sur deux dossiers prioritaires : la sécurité et la situation sanitaire.

L’Ituri et le Haut-Uélé veulent mieux partager les renseignements

Sur le plan sécuritaire, les échanges ont particulièrement porté sur les activités des ADF et de leurs alliés dans les zones proches des limites entre les deux provinces.

Les autorités ont convenu de renforcer le partage des informations et des renseignements jugés importants pour améliorer la coordination sur le terrain. L’objectif est d’éviter qu’une pression militaire exercée dans une province ne permette simplement aux combattants de se déplacer vers une autre zone moins surveillée.

La coopération interprovinciale apparaît d’autant plus importante que les groupes armés peuvent profiter de vastes espaces forestiers, de la mobilité des populations et des limites administratives entre provinces.

Jean Bakomito a également exprimé la solidarité du Haut-Uélé envers la population de l’Ituri, confrontée depuis plusieurs années à une insécurité persistante.

Ebola également au centre des discussions

Après les questions sécuritaires abordées vendredi, les échanges du samedi 8 août ont porté sur la riposte contre la maladie à virus Ebola.

Steve Ahuka, responsable de la gestion de la riposte, a salué l’implication des autorités des deux provinces. Le Haut-Uélé entend notamment tirer profit de l’expérience acquise en Ituri dans la gestion de l’épidémie.

Les responsables provinciaux ont aussi appelé les populations à ne pas banaliser la maladie et à respecter les mesures sanitaires recommandées.

Cette coordination est importante puisque la circulation entre l’Ituri et le Haut-Uélé reste importante pour le commerce, les déplacements familiaux et plusieurs autres activités économiques.

Une coopération qui devra produire des résultats sur le terrain

Les engagements pris à Bunia constituent une étape supplémentaire dans la collaboration entre les deux provinces. Leur efficacité dépendra cependant de leur traduction concrète : circulation rapide du renseignement, coordination des services de sécurité, surveillance des mouvements suspects et coopération entre les structures sanitaires.

Face aux ADF comme face à Ebola, les frontières administratives entre provinces ne constituent pas des barrières naturelles.

Le rapprochement entre l’Ituri et le Haut-Uélé cherche précisément à apporter une réponse commune à des menaces qui, elles aussi, dépassent les limites provinciales.