Kampala / Ituri – AfricaCentralNews.com
Des discussions consacrées à la paix en Ituri se sont tenues du 20 au 25 avril 2026 à Kampala, sous la médiation du gouvernement ougandais. Ces assises ont réuni des délégués du gouvernement congolais et ceux de la Convention pour la Révolution Populaire (C.R.P.), mouvement politico-militaire actif dans l’Est de la RDC.
Selon un communiqué signé par Pierre Anyolitho Ugwaru, chargé des communications de la C.R.P., le mouvement affirme avoir présenté au cours de ces échanges « un état des lieux complet de la situation sécuritaire » en Ituri ainsi que plusieurs propositions destinées à favoriser le retour de la paix.
Cependant, la C.R.P. dénonce ce qu’elle qualifie de « provocations militaires » menées durant la période des pourparlers. Le mouvement affirme que plusieurs positions de ses éléments auraient été visées par des attaques coordonnées, notamment à Iga Barrière, Bule et dans la région de Berunda. Il évoque également des arrestations de personnes présumées proches de la rébellion, y compris des membres des familles de certains officiers.
La C.R.P. soutient que ces opérations auraient conduit ses combattants à lancer une riposte contre une position des FARDC située dans la localité de Pimbo, dans le but, selon elle, de « dissuader des actions militaires déstabilisatrices ».
Le mouvement accuse par ailleurs le gouverneur militaire de l’Ituri, le lieutenant-général Johny Luboya N’Kashama, d’avoir sollicité l’intervention de responsables de la milice CODECO, notamment Bassa Zukpa et Désiré Sengedu, pour mener des attaques contre des civils dans plusieurs villages situés autour de Pimbo, notamment B’Aza, Loya, Lijo, Zanyo, Lilo 1 et Lilo 2.
D’après la C.R.P., le bilan provisoire de ces violences ferait état d’environ plus de 48 morts et de plus de 200 blessés, tandis que plusieurs habitants seraient toujours portés disparus après avoir fui dans la brousse.
Dans son communiqué, la C.R.P. condamne « avec la plus grande fermeté » ces massacres qu’elle attribue à la milice CODECO avec « l’instigation » présumée du gouverneur militaire de l’Ituri.
Le mouvement exige l’arrestation immédiate du lieutenant-général Johny Luboya N’Kashama ainsi que de Bassa Zukpa et Désiré Sengedu, tout en avertissant qu’il « se réserve le droit d’en tirer toutes les conséquences » en cas d’inaction.
À ce stade, aucune réaction officielle des autorités congolaises ni des personnes citées dans le communiqué n’a encore été rendue publique.
AfricaCentralNews.com suivra l’évolution de cette situation sécuritaire préoccupante dans la province de l’Ituri.
