La commémoration du GENOCOST en RDC a pris, cette année, le visage et la voix des survivants. À Kinshasa comme à Bunia, des victimes ont raconté ce qu’elles ont vécu. Derrière les discours officiels, leurs récits ont rappelé une réalité simple : les blessures restent ouvertes.
La quatrième Journée nationale du GENOCOST s’est tenue le 2 août 2026. À Kinshasa, la cérémonie avait pour thème : « Maintenant que tu sais, que fais-tu ? ». Elle a réuni les autorités, des diplomates, la société civile et plusieurs survivants.
La commémoration du GENOCOST en RDC donne la parole aux survivants
Des victimes venues de plusieurs régions ont témoigné devant le couple présidentiel. Elles ont évoqué des massacres, des déplacements forcés, des violences sexuelles et la perte de leurs proches.
Les récits ont rappelé les tragédies vécues à Kasika, Kishishe, Makobola, Nyankunde, Kisangani, Rutshuru ou encore en Ituri. Chaque témoignage portait une histoire personnelle. Une famille détruite. Un village abandonné. Une vie bouleversée par la guerre.
Ces paroles donnent un sens concret au devoir de mémoire. Elles empêchent les victimes de disparaître derrière des chiffres souvent difficiles à mesurer.
Le FONAREV affirme avoir enregistré plus de 1,2 million de victimes potentielles à travers le pays. Parmi elles, environ 4 000 disposent déjà d’une homologation judiciaire et figurent sur la liste des bénéficiaires des réparations administratives.
À Bunia, la mémoire rejoint une douleur encore présente
La commémoration organisée à Bunia portait une charge particulière. En Ituri, les violences armées ne relèvent pas seulement du passé. De nombreuses familles vivent encore avec la peur, le déplacement et le deuil.
Le coordonnateur provincial du FONAREV, Xavier Macky, a appelé à préserver la mémoire des victimes. Selon lui, les crimes commis en RDC ne doivent être ni minimisés ni oubliés. La mémoire collective doit conduire à la vérité, à la justice et aux réparations.
Pour les survivants, une cérémonie ne suffit donc pas. Ils attendent des enquêtes sérieuses, des procès, des réparations et des garanties contre de nouvelles violences.
La mémoire doit maintenant produire des résultats
Le président Félix Tshisekedi a annoncé plusieurs mesures. Il a demandé au Gouvernement de financer la stratégie nationale d’appropriation du GENOCOST. Il a aussi annoncé le passage à la phase opérationnelle du projet de Musée national du GENOCOST.
Ce musée doit conserver les archives, les témoignages et les preuves liées aux crimes commis sur le territoire congolais. Le chef de l’État a également demandé au Parlement d’adapter les lois congolaises aux exigences de la justice transitionnelle.
La Commission nationale des droits de l’homme rappelle toutefois un point essentiel. Les juridictions compétentes doivent établir la qualification juridique des crimes. Le devoir de mémoire ne doit pas devenir un appel à la haine ou à la vengeance. Il doit soutenir la vérité, la dignité des victimes et une paix durable.
Le vrai défi commence donc après les cérémonies. Il faudra identifier les victimes, écouter les survivants et poursuivre les responsables. Il faudra surtout montrer que la mémoire peut conduire à des actes concrets.
Sans justice, le GENOCOST risque de rester une journée de discours. Avec des résultats visibles, il peut devenir un véritable outil de reconnaissance, de réparation et de prévention.
