Au moins dix civils ont été tués dans la nuit du 5 au 6 novembre 2026 à Cantine-Aloya, dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu. Un second témoignage évoque 18 morts. La veille, des hommes armés avaient également attaqué Nyanza, en Ituri, où plusieurs habitations ont brûlé et des habitants ont disparu. Ces violences ravivent les inquiétudes sur la sécurité des populations dans l’est de la RDC.
La nuit a été meurtrière à Cantine-Aloya. Vers 23 heures, jeudi 5 novembre, des hommes armés présumés membres des Forces démocratiques alliées (ADF) ont fait irruption dans cette agglomération du territoire de Beni.
Les assaillants ont attaqué des habitations et des commerces. Ils ont également incendié plusieurs bâtiments, poussant des familles à quitter leurs maisons dans la précipitation.
Selon Tchetche Aliamini, président de la société civile locale, les violences ont causé de nombreuses pertes humaines.
Un bilan qui pourrait atteindre 18 morts
Les premiers renseignements publiés par Bunia Actualité faisaient état d’au moins dix personnes tuées.
Un autre bilan, recueilli par EDCO News auprès du même responsable local, évoque 18 corps découverts après l’incursion.
Les autorités militaires n’ont pas encore confirmé ces chiffres. Le nombre définitif de victimes reste donc à établir.
D’après les témoignages recueillis sur place, les assaillants ont également incendié des boutiques, des pharmacies et d’autres établissements commerciaux.
La population redoute de nouvelles attaques. Plusieurs habitants ont quitté Cantine-Aloya pour chercher refuge dans des localités jugées plus sûres.
En Ituri, des civils emmenés de force à Nyanza
Quelques heures avant cette attaque, une autre incursion avait frappé Nyanza, dans le territoire de Mambasa, en Ituri.
Jeudi 5 novembre, vers 8 heures du matin, des combattants présumés ADF ont pénétré dans ce village du groupement Bakaheku, en chefferie des Babila-Babombi.
Selon Rams Malikidogo, responsable de l’Association pour la protection et la défense des enfants et femmes vulnérables (APDEF), les hommes armés ont incendié des habitations avant d’emmener plusieurs civils.
Le nombre de personnes disparues demeure inconnu.
Des rescapés ont également signalé la présence d’hommes armés vers Kodongu, près de la rivière Mababa. Ces informations n’ont pas encore reçu de confirmation militaire.
Face à cette menace, les défenseurs des droits humains appellent les autorités à renforcer la sécurité des villages environnants.
Une succession d’attaques entre le Nord-Kivu et l’Ituri
Les violences de Cantine-Aloya et de Nyanza s’inscrivent dans une succession d’incursions signalées cette semaine.
Le 3 novembre, des hommes armés avaient déjà attaqué Maikengu, dans le secteur des Bapere, territoire de Lubero. Plusieurs habitations et commerces ont été incendiés, provoquant la fuite de familles vers les villages voisins.
Ces incidents touchent des territoires voisins, où les populations vivent depuis longtemps sous la menace des groupes armés.
Les acteurs de la société civile réclament une protection renforcée des civils et une réponse plus efficace aux mouvements des assaillants.
À Cantine-Aloya, les familles attendent encore le bilan définitif du massacre. À Nyanza, les proches des personnes disparues cherchent des nouvelles.
Dans ces deux localités, l’urgence reste la même : retrouver les disparus, assister les victimes et empêcher de nouvelles attaques contre les habitants.
