Au Mali, 94 civils tués dans des frappes de drones attribuées à l’armée et à ses alliés russes

Frappes de drones au Mali, destruction d'un centre de santé à Talahandak documentée par Human Rights Watch.

Au Mali, au moins 94 civils auraient été tués dans des frappes de drones attribuées aux forces armées maliennes et à leurs alliés russes entre avril et août 2026. Ces chiffres, rapportés par Reuters le 19 octobre sur la base d’un rapport de Human Rights Watch (HRW), soulèvent de nouvelles inquiétudes concernant la protection des populations civiles dans le conflit qui secoue le pays.

Selon les informations relayées par l’agence Reuters, l’organisation de défense des droits humains a recensé 47 frappes de drones ayant causé la mort de 94 civils durant cette période.

Les incidents documentés concernent notamment les régions de Bandiagara, Kidal et Ségou, où les opérations militaires contre les groupes armés se poursuivent.

Des frappes meurtrières dénoncées par Human Rights Watch

Le bilan présenté par HRW marque une aggravation par rapport à la même période de 2025, durant laquelle 44 civils auraient perdu la vie dans des frappes similaires.

L’organisation met en cause le recours aux drones dans des opérations militaires qui exposeraient les populations civiles à des attaques indiscriminées.

Ces accusations interviennent alors que les autorités maliennes poursuivent leur lutte contre plusieurs groupes armés, notamment les organisations jihadistes actives dans le centre et le nord du pays.

Le recours aux moyens aériens constitue une composante importante de ces opérations. Cependant, le droit international humanitaire impose aux parties au conflit de distinguer les combattants des civils et de prendre les précautions nécessaires pour limiter les pertes humaines.

La responsabilité des forces maliennes et russes mise en question

Human Rights Watch attribue les frappes documentées aux forces armées maliennes et à leurs alliés russes.

Ces conclusions constituent des accusations formulées par l’organisation et ne doivent pas être assimilées à des responsabilités judiciairement établies.

Les autorités maliennes et russes n’avaient pas répondu aux demandes de commentaires au moment de la publication de ces informations.

L’absence de réaction officielle ne permet donc pas, à ce stade, de connaître leur position sur les incidents recensés.

Une situation sécuritaire toujours préoccupante au Sahel

Depuis plusieurs années, le Mali fait face à une insécurité persistante, alimentée par les activités des groupes jihadistes et les affrontements armés.

Les populations civiles subissent les conséquences de cette crise, entre déplacements forcés, difficultés d’accès aux services essentiels et violences répétées.

Les nouvelles accusations de HRW relancent la question de la protection des civils pendant les opérations militaires. Elles soulignent également la nécessité d’enquêtes indépendantes pour établir les circonstances de chaque frappe et déterminer les éventuelles responsabilités.