L’accalmie observée en Ituri depuis l’arrivée du Général-Major Gaby Kasongo est-elle en train d’être sciemment sabotée ? Selon des sources sécuritaires et politiques concordantes à Bunia et Kinshasa, un « deal du sang » sous un schéma triangulaire impliquant le Chef d’État-Major Général Adjoint chargé des Opérations et du Renseignement, le Général Jacques Ychaligonza Nduru, le Conseiller du Chef de l’Etat Max Nissan Amadé et le Gouverneur Militaire, le Général-Major Gaby Kasongo, serait à l’origine de la nouvelle déstabilisation de la province.
Au cœur du dispositif : la milice CODECO, responsable des atrocités inouïes déclencher en 2017 revoyant de milliers de personnes dans les sites des déplacés, c’est cette milice, qui aurait reçu des armes et munitions pour combattre la CRP et perturber la province jusqu’en 2028.
L’ACCALMIE A L’ACTIF DU GENERAL-MAJOR GABY KASONGO BRISÉE
Tout avait pourtant bien commencé. Après une année d’offensives infructueuses menées sous le Lieutenant-Général Luboya N’Kashama contre les positions de la Convention pour la Révolution Populaire (CRP), le Général-Major Gaby Kasongo avait imprimé une nouvelle méthode: faire taire les armes entre les FARDC et la CRP.
Résultat : pour la première fois depuis des années, l’ensemble de la province, y compris le Territoire de Djugu, épicentre des violences, connaissait une accalmie relative. Une accalmie due, selon la CRP, à la pression qu’elle exerce contre ce qu’elle qualifie d’ « économie du sang ».
Cette accalmie a volé en éclats subitement.
LE SIGNAL DE Mme Eve BAZAIBA MINISTRE D’ÉTAT, MINISTRE DES AFFAIRES SOCIALES, ACTIONS HUMANITAIRES ET SOLIDARITE NATIONALE ET L’OPÉRATION KIGONZE
Le tournant coïncide avec la mission officielle en Ituri de Mme Ève Bazaiba, Ministre d’Etat, Ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, et sa déclaration sur le démantèlement des sites de déplacés. Une déclaration immédiatement soutenue par le Gouverneur Militaire.


Dans la foulée, à 4 heures du matin, les déplacés du site de Kigonze, l’unique refuge construit par le HCR où ils avaient trouvé sécurité après avoir fui les massacres de la CODECO à Djugu ont été réveillés par des coups de feu tirés par les FARDC, les obligeant à quitter les lieux de force au prétexte d’un retour dans leurs villages.

Paradoxe: ces mêmes villages resteraient, selon plusieurs témoignages, toujours sous contrôle des milices qui les avaient fait fuir. Où iront ces déplacés, alors que l’armée n’a jamais réussi à restaurer l’autorité de l’État ni à désarmer les groupes armés ?
LA RÉUNION SECRÈTE ET LE SCHÉMA TRIANGULAIRE
Selon nos informations, avant l’opération de Kigonze, une réunion de haute facture aurait été dirigée par Mme Ève Bazaiba, Ministre d’Etat, Ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale. À l’ordre du jour: la mise en place d’un « deal du sang » selon un schéma triangulaire.
Ce schéma impliquerait:
- Le Général Jacques Ychaligonza Nduru (EMG adjoint Ops/Rens) ;
- Max Nissan Amadé, présenté Conseiller du Chef de l’Etat, et
- Le Général-Major Gaby Kasongo, Gouverneur Militaire.
L’objectif : utiliser la CODECO comme machine de violence. Toujours opérationnelle et, selon nos sources, au service d’intérêts liés à l’exploitation illicite de l’or, cette milice aurait reçu des munitions pour attaquer non seulement les civils, mais aussi et exclusivement les positions de la CRP.
La CRP est aujourd’hui le seul mouvement armé en Ituri qui dénonce ouvertement la mauvaise gouvernance du régime de Kinshasa, la corruption, tribalisme, népotisme, kleptocratie et exige la fin de l’économie de guerre en Ituri.
LE RETOUR AU SYSTÈME LUBOYA
Avec cette manœuvre, l’Ituri retomberait dans la méthode de l’ancienne administration Luboya. Tout se passe comme si, après une parenthèse, le Général-Major Gaby Kasongo avait finalement adopté le mot d’ordre emprunté au régime de Kinshasa: maintenir l’insécurité en Ituri via une collaboration avec les groupes armés auteurs de massacres.
Le tableau est redevenu noir. Après la première vague de déstabilisation sous Luboya avec le chef milicien Basa Zukpa, la seconde vague sous Kasongo commencerait par le démantèlement des sites de victimes à Kigonze, avant de s’étendre à Rhoo et Blukwa, cette fois par le grand allié des FARDC : la CODECO.
L’objectif final, selon des analystes politiques ituriens : pérenniser le chaos pour justifier la non-tenue des élections de 2028, au prix du sang des civils dont la souffrance est totalement banalisée.
La rédaction d’AfricaCentralNews a tenté de joindre les personnalités citées pour leur droit de réponse. À l’heure de la publication, aucune réponse n’a été obtenue.
