La Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) entame son retrait après l’échec du Conseil de sécurité à renouveler son mandat. Annoncée le 1er novembre 2026, cette décision met fin à 35 années de présence onusienne dans un territoire disputé entre le Maroc et le Front Polisario. Elle ouvre une nouvelle période d’incertitude diplomatique et sécuritaire en Afrique du Nord.
Pendant 35 ans, les Nations unies ont maintenu une présence militaire au Sahara occidental dans l’espoir d’accompagner un règlement politique du conflit. Cette mission touche désormais à sa fin.
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a confirmé dimanche 1er novembre le début de la phase de liquidation de la MINURSO. Les équipements et les moyens de la mission doivent progressivement être retirés, tandis que les Nations unies affirment vouloir poursuivre leurs efforts diplomatiques.
Cette évolution intervient après une confrontation entre les États-Unis et la Russie au Conseil de sécurité.
Le veto russe qui a précipité la fin de la mission
Le 30 octobre, Moscou a opposé son veto à un projet de résolution américain visant à prolonger la mission tout en renforçant la place du plan marocain d’autonomie dans les négociations.
Ce plan prévoit une autonomie du Sahara occidental sous souveraineté marocaine.
La Russie estimait que le texte favorisait excessivement Rabat et risquait de compromettre le principe d’autodétermination du peuple sahraoui.
Une proposition russe destinée à prolonger le mandat de la MINURSO a ensuite été rejetée. Faute d’accord, celui-ci a expiré le 31 octobre.
Cette impasse illustre les profondes divergences entre les grandes puissances sur l’avenir du territoire.
Un référendum attendu depuis plus de trois décennies
Créée en 1991, la MINURSO devait surveiller le cessez-le-feu entre le Maroc et le Front Polisario et préparer un référendum permettant aux Sahraouis de décider de leur avenir.
Mais ce scrutin n’a jamais été organisé, principalement en raison de désaccords persistants sur l’identification des électeurs.
Le Maroc considère le Sahara occidental comme faisant partie de son territoire et défend une solution d’autonomie sous sa souveraineté.
Le Front Polisario, soutenu notamment par l’Algérie, revendique pour sa part l’indépendance et le droit à l’autodétermination.
Depuis la reprise des hostilités de faible intensité en 2020, la situation demeure fragile.
Le Maroc satisfait, l’Algérie et le Polisario préoccupés
À Rabat, les autorités marocaines ont accueilli favorablement le non-renouvellement du mandat. Elles considèrent cette évolution comme une étape importante dans leur approche du dossier saharien.
L’Algérie a, au contraire, exprimé ses regrets et dénoncé ce qu’elle considère comme un déséquilibre du projet américain en faveur du Maroc.
Le Front Polisario a également fait part de ses préoccupations face à l’impasse diplomatique.
Ces réactions opposées montrent que la fin de la MINURSO ne signifie pas la résolution du conflit.
Quels risques pour la stabilité régionale ?
Le retrait de la mission pourrait réduire les capacités internationales de surveillance et de prévention des incidents militaires dans le territoire.
Il soulève également des inquiétudes pour les populations civiles et les réfugiés sahraouis installés depuis plusieurs décennies dans des camps près de Tindouf, en Algérie.
Les relations entre Rabat et Alger, déjà rompues sur le plan diplomatique depuis 2021, pourraient subir de nouvelles tensions.
António Guterres a appelé les parties à la retenue et réaffirmé l’engagement des Nations unies en faveur d’une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable.
La fin de la MINURSO marque donc la disparition d’un dispositif historique de maintien de la paix, mais pas celle du différend territorial.
Après 35 années de présence onusienne, une question demeure : comment parvenir à un règlement négocié lorsque les principaux acteurs et les grandes puissances restent profondément divisés ?
